COMMENT JUIFS ET MUSULMANS VOIENT LE DÉMON
Il a fallu au Satan des juifs quelques livres pour atteindre sa pleine puissance et gagner son indépendance. Alors que le mot ne renvoyait qu'à un adversaire ou une personne hostile dans le Pentateuque, il désigne, dans les autres livres bibliques, un être surnaturel, siégeant à la cour céleste de Yahvé. Totalement subordonné à Dieu, il joue devant lui l'accusateur de l'homme («shatan» désigne d'ailleurs le procureur dans un procès). Peu à peu, il va s'«émanciper» et pousser l'homme à désobéir à Dieu. C'est lui qui, dans le livre des Chroniques par exemple, encourage David à persécuter Israël. Le livre de la Sagesse le présente comme l'origine du mal, ennemi de l'homme et de Dieu. Le Talmud, puis la kabbale décrivent des cérémonies d'exorcisme pratiquées par des rabbins, mais le rationalisme occidental a atténué ces croyances. Le diable judéo-chrétien n'a pas manqué d'inspirer l'islam. D'après le Coran, l'Iblis (ou Chaytan) des musulmans fut banni du paradis pour avoir refusé de s'incliner, comme les autres anges, devant Adam à la demande de Dieu. Il devint alors le chef des djinns maléfiques, démons nés du feu ; le croyant se distingue par sa résistance à leurs tentations. On peut chasser les djinns qui ont momentanément pris possession d'une personne en récitant des sourates qui «consument» les esprits malfaisants. Mais certains rituels sont mal perçus par les musulmans orthodoxes qui les considèrent comme des survivances de croyances pré-islamiques. Iblis n'incarne pas le mal à proprement parler, mais il incite,
sans relâche, l'homme à la faute.
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